La Compagnie du Discobole de Stéphane Hoareau et Théo Girard investit l'Atelier du Plateau jusqu'au 4 juillet pour y présenter plusieurs projets. J'y étais pour la première soirée, avec le concert du plus récent projet des deux co-fondateurs, dont le disque vient tout juste de sortir. On connaît les racines réunionnaises du guitariste, et son goût pour confronter le maloya au jazz ou au rock. Par le passé, cela a pris différentes formes : G!rafe, honorant les textes d'Alain Peters, Transkabar, au riffs très rock, ou encore le Discobole Orchestra, avec sa couronne de cuivres. Ce nouvel ensemble rapproche la créolité réunionnaise de celle d'Haïti, dans un déluge percussif. Stéphane Hoareau (g) et Théo Girard (cb) sont en effet accompagnés pour l'occasion par David Doris (congas, kayamb), Claude Saturne (percussions haïtiennes) et David Aknin (batterie). J'avais déjà eu l'occasion de voir le percussionniste d'origine haïtienne aux côtés de Leyla McCalla à Sons d'hiver il y a deux ans, quant au batteur, son nom reste pour moi attaché à la galaxie Chief Inspector qui animait la scène parisienne il y a une vingtaine d'années, comme en témoignent dans les archives des comptes-rendus de concert du Collectif Slang et de Limousine en 2004 et 2005 respectivement.
Le concert commence avec une guitare aux teintes blues, qui déploie une mélodie délicate, musardeuse, juste ce qu'il faut soulignée par l'accompagnement percussif. Cela fait immédiatement pensé à Ry Cooder ou à Marc Ribot époque Cubanos Postizos. La suite du concert privilégiera les ambiances up tempo, permises par la frénésie percussive du quintet. Le répertoire alterne des compositions du guitariste et quelques morceaux traditionnels haïtiens. Claude Saturne et David Doris chantent dans leurs créoles respectifs, quant Stéphane Hoareau et Théo Girard assurent les choeurs. J'aime particulièrement la voix de David Doris, imprégnée de l'héritage des grands chanteurs du maloya. L'Atelier du Plateau prend des allures tropicales, et pas seulement en raison du début de canicule qui s'abat sur la capitale. La puissance rythmique de l'ensemble ne laisse aucun répit, le déluge percussif est constant, dense et hypnotique, avec en son sein, la guitare de Stéphane Hoareau qui prend tour à tour des accents surf, rock, psyché, blues. L'écoute du disque permet sans doute de mieux apprécier l'apport de chacun grâce à un meilleur équilibre dans la sonorisation des différents instruments, mais en live, c'est l'énergie tournoyante des percussions et des choeurs qui emporte tout sur son passage, à tel point que sur la fin du concert, le directeur du lieu pousse avec entrain des chaises pour laisser la place aux danseurs qui avaient un peu de mal à rester sur place.

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