dimanche 25 juin 2006

Jean-Philippe Viret Trio / Avishai Cohen Trio @ Parc Floral, samedi 24 juin 2006

J'étais hier après-midi, pour la première fois cette année, au Parc Floral pour les concerts du Paris Jazz Festival. Pour l'occasion deux trios piano-basse-batterie se succédaient sur scène, avec pour point commun d'être tous les deux menés par des contrebassistes et d'accorder une place majeure à la belle mélodie. Les points communs s'arrêtent là, car pour le reste, leurs approches sont assez différentes.

Premiers à monter sur scène, Jean-Philippe Viret (cb), Edouard Ferlet (p) et Antoine Banville (dms) produisent une musique très "européenne" où le langage jazz s'abreuvent de références à la composition classique. Le concert s'est ainsi ouvert sur un solo de Jean-Philippe Viret à l'archet, où l'on entendait comme des échos de musique baroque. Le jeu d'Edouard Ferlet au piano tire lui plutôt du côté de la musique romantique, avec des envolées lyriques qui évoquent la description d'un fleuve impétueux - une approche sentimentale de la nature issue tout droit du XIXe siècle. Antoine Banville n'est pas dans la débauche d'énergie rythmique, mais adopte au contraire une approche très coloriste, qui ponctue plus que soutient le jeu de ses compères. Viret et Ferlet ont également une approche percussive de leurs instruments respectifs : le contrebassiste n'hésite pas à frapper le bois de son instrument pour ajouter des petites virgules à son phrasé délicieusement swinguant, quand le pianiste aime à percutter ses cordes avec les mains ou avec des mailloches, comme sur l'introduction d'un morceau fort justement intitulé Ping-Pong. Ce qu'il y a de particulièrement attachant avec ce trio, c'est qu'il a développé une véritable identité sonore, qu'on ne peut confondre avec un autre. Ce mélange de lyrisme mélodique et de formes rythmiques plus abstraites n'a pas vraiment d'équivalent. C'était la deuxième fois que je les voyais sur scène, trois ans après les avoir découverts au même endroit en première partie de Wayne Shorter. Une écoute enrichie entre temps par la découverte de leurs disques (au nombre de trois). 

La deuxième partie était assurée par le contrebassiste israélien Avishai Cohen, à la tête d'un trio formé par le pianiste Sam Barsh et le batteur Mark Guiliana. Jusqu'à présent je n'avais pas vraiment pris le temps d'écouter ce que faisait cet Avishai Cohen-là (me concentrant plutôt sur son homonyme trompettiste) en raison de sa participation à différents groupe de Chick Corea (sur lequel je fais un blocage en raison de son prosélytisme scientologue). J'avais juste pris le temps d'écouter son plus récent opus, Continuo (Nocturne, 2006), quelques jours avant ce concert pour savoir un peu à quoi m'attendre. Sur scène, le trio fait preuve d'un sens du spectable indéniable, arrivant à entraîner un public nombreux dans sa musique à coups d'effets autant musicaux (le sens du groove du pianiste) qu'extra-musicaux (les déhanchements des musiciens, les mots sympathiques du leader entre les morceaux). Si ce trio partage avec celui de Viret le goût de la belle mélodie et du lyrisme pianistique, il se distingue par un sens du groove plus ancré dans la tradition américaine. Les compositions d'Avishai Cohen font ainsi le lien entre sa vie new-yorkaise et son origine israélienne : on y entend une énergie joyeuse au service de mélodies au parfum proche-oriental. La fougue de Sam Barsh, très à l'aise dans les montées en tension sinueuses mais inéluctables, fait beaucoup pour la succès du groupe - particulièrement applaudi hier. Sur la fin du concert Avishai Cohen a même réussi à faire chantonner une bonne partie du public à base de "lalala" sur un morceau intitulé Friday stuff, composé autour d'une chanson que chantait son grand-père le vendredi. Pour les deux rappels, le leader est passé à la basse électrique pour quelques dérives funk, dont un final en forme d'impro autour de Caravan et du thème de James Bond au cours duquel Sam Barsh était passé au mélodica et sautait dans tous les sens dans le public. Ils étaient là pour faire le show !

lundi 19 juin 2006

Ensemble Intercontemporain @ Centre Pompidou, samedi 17 juin 2006

Deuxième (et dernier) concert dans le cadre du festival Agora de l'Ircam pour moi cette année, après celui du Bit20 Ensemble à la Maison de la Radio la semaine précédente. Cette fois-ci trois œuvres étaient présentées dans la salle de concert du Centre Pompidou samedi soir. L'Ensemble Intecontemporain, fondé tout comme l'Ircam par Boulez dans les années 70, était dirigé par le chef norvégien Christian Eggen. Avant que le concert ne débute réellement, un speaker annonce que les musiciens vont jouer, en hommage à György Ligeti, sa deuxième bagatelle pour quintette à vents - et demande de ne pas l'applaudir en signe de recueillement à la fin. Très belle exécution de ladite œuvre, pleine d'émotion et pourtant toute en retenue.

Après cette introduction-hommage, Christian Eggen rejoint ses musiciens pour l'interprétation de Corrente du compositeur finlandais Magnus Lindberg. Comme son nom l'indique, celui-ci est membre de la communauté suédophone de Finlande et le programme nous indique d'ailleurs que cette œuvre, en date de 1992, est une commande de l'Association suédoise de la littérature en Finlande. Cette précision ne renseigne ceci-dit pas vraiment sur la musique jouée qui ne sonne pas particulièrement "nordique". La musique est très dynamique, marquée par un ostinato rythmique qui se ballade parmi les différents instruments de l'ensemble. C'est plutôt agréable à entendre et assez facile d'accès, même si peu marquant après coup. Une musique de l'instant plus que du souvenir.

La deuxième œuvre est due au compositeur français Franck Bedrossian. Il s'agit même de la création mondiale de Division, troisième volet d'un cycle d'œuvres "interrogeant le rapport du monde instrumental aux sons électroniques" d'après le programme. On est immédiatement jeté dans le grand bain avec une ouverture violente, au son électronique volontairement désagréable. Pendant toute la durée de la pièce, cet espèce d'illbient contemporain sera le point d'ancrage du discours de l'ensemble. Si c'est le dispositif électronique qui répond aux gestes des musiciens, on a parfois l'impression que ce sont en fait ces derniers qui cherchent à prolonger ou rebondir sur les bruits inquiétants émis par les machines. L'ensemble comprend trois solistes, qui interviennent sur des instruments au timbre grave : clarinette basse, trombone ténor-basse et contrebasse. Leur discours sur la texture du son, proche en cela d'un certain free jazz, renforce le caractère pesant de la musique. En l'écoutant j'imaginais une sorte de film catastrophe où roderait un lézard géant (type Godzilla), toujours invisible, au sein d'une mégalopole sombre, sous une pluie battante, l'orage grondant au loin, par une nuit de nouvelle lune où les mécanismes électriques trop bien huilés des humains connaîtraient quelques ratés. Tous les bruits évoqués par ces images - du sifflement menaçant de la bête au tonnerre lointain mais insistant - semblaient présents dans la musique. Si cette description vous paraît peu encourageante, détrompez-vous, j'ai vraiment apprécié l'œuvre que j'ai trouvée, pour le coup, particulièrement évocatrice !

Après l'entracte - où je m'aperçois que je suis assis juste deux rangs derrière Boulez - est donnée à entendre Öl de l'allemand Enno Poppe, une œuvre créée en 2004 à Darmstadt. Comme son titre l'indique ("huile"), la musique est visqueuse, faite de longues coulées mélodiques qui glissent les unes sur les autres. On a ainsi l'étrange impression que l'œuvre se termine cinq, dix, vingt fois, mais à chaque fois elle repart comme si à nouveau un peu de liquide mélodique sortait d'une improbable bouteille. Cette œuvre fait elle aussi partie d'un cycle, qui explore des textures (les deux premières pièces s'appelaient Holz et Knochen, "bois" et "os" en allemand). Je la trouve plus difficile d'accès que les deux premières, car peu de choses semblent se passer pendant les 35 minutes que durent quand même le morceau. Tout comme Bedrossian, Poppe est un jeune compositeur (ils ont tous les deux autour de 35 ans), et c'est intéressant d'entendre leurs recherches afin de prendre un peu le pouls de la jeune génération de compositeurs des deux côtés du Rhin. Le langage de Bedrossian m'était plus familier, car sans doute plus proche d'une certaine forme de bruitisme qu'on peut retrouver dans la free music ou l'illbient électronique (à la DJ Spooky moins le groove).

dimanche 18 juin 2006

Orchestre de Paris @ Théâtre du Châtelet, vendredi 16 juin 2006

Cinquième et dernier concert de mon abonnement à l'Orchestre de Paris pour cette saison (il est temps de réserver la prochaine) en forme de cerise sur le gâteau : Le Château de Barbe-Bleue dirigé par Boulez avec Jessye Norman dans le rôle de Judith, vendredi soir. Pour l'occasion, et en attendant la réouverture de Pleyel, l'orchestre avait délaissé l'acoustique moyenne de Mogador pour le cadre plus luxueux du Châtelet.

Avant l'opéra de Bartok, l'orchestre a proposé une interprétation intégrale du ballet de Maurice Ravel, Daphnis et Chloé, commandé au compositeur par Diaghilev pour ses Ballets Russes en 1909. L'orchestre était rejoint par le Chœur de l'Orchestre de Paris, placé en arrière-fond, ce qui donnait un nombre impressionnant de personnes sur scène. Mais, avec son autorité naturelle qui se perçoit par l'économie de gestes qu'il effectue pour diriger, Pierre Boulez n'a lui nullement été impressionné par la masse s'offrant à lui et en a au contraire tiré une splendeur magnifique. A tel point qu'il a réussi à me passionner pour une œuvre dont je n'étais a priori pas friand. Si l'attention n'est pas continue du fait de quelques longueurs, il y a toutefois un certain nombre de petits bijoux qui surgissent régulièrement de la partition, au ton très naturaliste : on entend littéralement l'eau qui coule, le vent qui souffle, les oiseaux qui piaillent, Daphnis et Chloé qui dansent dans un décor tiré tout droit de la peinture française du XVIIIe siècle. Le chœur sans parole évoque parfois une influence debussyenne qui ajoute à la beauté irisée des passages où il intervient. C'est avec ce genre d'œuvre qu'on se rend compte de la supériorité du concert sur le disque pour apprécier à sa juste valeur la musique composée. La vision apporte un plus indéniable dans l'attention portée à l'agencement harmonique de l'œuvre.

Après l'entracte, au cours duquel j'ai failli rentrer dans Jack Lang sans faire exprès, venait donc le chef-d'œuvre bartokien, l'une de mes pièces préférées du répertoire classique. Quelle musique ! Il y avait beau avoir la présence de Jessye Norman sur scène, la véritable star du concert c'était l'orchestre - et, indirectement, le compositeur - qui nous a gratifié d'une version en tous points magiques de l'œuvre du génial Magyar. La fin de l'opéra, à partir de l'ouverture de la cinquième porte, a notamment été à couper le souffle. Il faut dire que si au cours de l'œuvre de Ravel l'attention se relâche parfois un peu, il n'en est rien avec Bartok qui captive l'auditoire pendant toute l'heure que dure son drame. Avec une telle partition, il serait il est vrai dommage d'en manquer quelques miettes. La direction précise et sèche de Boulez rend toute sa force évocatrice à la musique de Bartok, changeante à chacune des sept portes, avec néanmoins le retour régulier de motifs et de techniques (la dissonance comme symbole du sang) qui donne son unité à l'œuvre - et qui figure l'inéluctabilité du récit. Du côté des chanteurs, je voyais pour la deuxième fois Peter Fried dans le rôle du Duc Barbe-Bleue après la version dirigée par Eötvös donnée il y a deux ans à la Cité de la Musique. Je le trouve convaincant dans ce rôle. Il faut dire, qu'étant Hongrois, cette langue n'a pas ce caractère étrange(r) pour lui, et qu'il peut ainsi nuancer son expression, du chant lyrique à la psalmodie quasi parlée. Son physique de roc et son visage dur collent en plus parfaitement avec l'image qu'on peut se faire du mystérieux duc. A ses côtés, Jessye Norman, dans une robe verte volumineuse et scintillante, incarne une Judith qui joue plus sur l'expressivité des sentiments et des manières d'être que sur la résonance du texte. Zvezdo a eu à ce sujet une belle image : "Jessye EST Judith. C'est l'histoire d'une diva qui s'invite chez un compositeur hongrois dont elle ne parle pas la langue, mais dont, avec toutes les ressources de la féminité, elle veut cerner le mystère !". J'ai par ailleurs trouvé excellente l'idée de souffler dans les trompettes sans émettre de note au moment de l'ouverture des portes, pour signifier l'entrée du vent dans le château. Ça ne m'avait pas marqué lors de la précédente version que j'avais vue de l'opéra, je ne sais donc pas si c'est une idée originale de Bartok ou si c'est propre à la vision de Boulez de l'œuvre.

L'opéra s'achève par le murmure du Duc, "éjjel... éjjel..." (obscurité... obscurité...) qui résonne pour moi comme le "ewig... ewig..." du Chant de la Terre mahlerien, moment d'émotion intense. Sans doute l'une des plus belles codas de tout le répertoire occidental.

samedi 17 juin 2006

Tony Malaby, Angelica Sanchez, Tom Rainey @ Duc des Lombards, mardi 13 juin 2006

Enfin ! Trois ans après l'avoir découvert un peu par hasard un soir au Sunside, Tony Malaby revenait donner de ses nouvelles comme leader dans la capitale, cette fois-ci au Duc des Lombards. Ça se passait mardi dernier, et j'y étais évidemment. Il y a trois ans, il s'était produit avec un trio sax-basse-batterie (Cameron Brown & Gerald Cleaver complétaient alors le casting). S'il était aussi en trio cette semaine, c'était accompagné par sa femme Angelica Sanchez au piano et par l'incontournable Tom Rainey à la batterie. Musique différente, jouant beaucoup plus sur le son et ses textures cette fois-ci, moins attachée au format thème-solo-thème, évoquant une poésie de la surprise.

Physiquement, il m'a semblé que le saxophoniste avait pris - encore - un peu de poids, ce qui en fait un colosse impressionnant par la taille et le volume. L'impression de puissance que son corps dégage se retrouve dans son jeu au ténor, à la palette très large. Il va quasiment de la texture du soprano à celle du baryton, en restant pourtant sur le seul ténor. Les cellules mélodiques sont assez courtes et s'enchevêtrent souvent dans son jeu, comme s'il jouait plusieurs morceaux en même temps. Son large champ d'expression le conduit de l'introspection quasi méditative aux limites de la transe, avec un engagement corporel de tous les instants. Son balancement rythme, étrange métronome, ses incantations, ce qui permet à Tom Rainey de proposer autre chose qu'un simple soutien rythmique. Sous ses coups et ses caresses, la batterie est un instrument très chantant, comme si c'était elle le véritable instrument leader d'un point de vue mélodique dans ce trio. En effet, au piano, Angelica Sanchez, propose un flux anguleux, rugueux, où les notes jouent sur la répétition et le décalage, comme pour introduire un peu de cette ugly beauty chère à Monk. On regrette d'autant plus les problèmes de réglages de la sonorisation qui écrasait bien souvent le jeu du piano dans les passages en trio, car c'est bien cet instrument qui apporte la plus grande part d'originalité et d'inouï à cet ensemble.

Malgré un public très peu nombreux (quel dommage !), les trois musiciens n'ont pas été avares dans leur musique et nous ont proposé trois sets à l'engagement constant. Le concert s'est achevé sur un blues délicieusement rentre-dedans et entêtant, comme pour souligner l'ancrage dans la tradition des formes libres qu'ils inventent. Tony Malaby est définitivement l'un de mes saxophonistes préférés du moment.

jeudi 15 juin 2006

Médéric Collignon "Jus de Bocse" @ Le Triton, samedi 10 juin 2006

Retour au jazz samedi soir avec le concert du Jus de Bocse de Médéric Collignon autour de la musique de Miles Davis. Pour l'occasion, le quartet composé de Franck Woste au Fender Rhodes, Frédéric Chiffoleau à la contrebasse et Philippe Gleizes à la batterie, était complété par une section de quatre cors qui donnait une petite couleur orchestrale fort bienvenue à l'ensemble. Qui dit Miles et orchestre dit Gil Evans, et le matériau du premier set alla tout naturellement puiser dans le répertoire de Porgy & Bess et les arrangements que Gil Evans en a fait. Toutefois, c'est par un clin d'oeil à Messiaen que le concert a commencé. Un morceau de celui-ci jouant à l'orgue joué par des cuivres était diffusé pendant que les musiciens présents jouaient dessus, après avoir tout de même pris soin de nous laisser apprécier longuement l'oeuvre de l'organiste seul. Après une excellente version du Gone de Gil Evans, quasi rock par l'énergie déployée par Médéric Collignon au cornet et surtout Philippe Gleizes, toujours aussi brutal à la batterie, le premier set s'est achevé sur Mood, un morceau de Ron Carter qui figure sur E.S.P., le premier disque du second quintet de Miles. Après une première version du morceau interrompue par Médéric pour excès de vitesse des cors, la seconde a été la bonne, avec accord rythmique retrouvé des deux côtés de la scène. Mais, si la musique était déjà excellente au cours de ce premier set, elle est montée d'un cran pour le second. Le groupe s'est alors penché sur la période électrique du sorcier noir, et notamment ses débuts, autour du répertoire d'In a silent way. Après une Mademoiselle Marby introductive toute en retenue, le groupe, et notamment Médéric Collignon avec ses effets vocaux toujours aussi ébouriffants, s'est lâché sur la relecture enchaînée de Shhh/Peaceful et It's about that time. Dans ce contexte, Franck Woste au Rhodes a lui aussi fait des merveilles. Nappes atmosphériques modales intemporelles ou au contraire poésie de la vitesse et de l'électricité comme symbole de notre présent, il était à l'aise dans tous les facettes de l'hommage. Le Early Minor de Joe Zawinul donnait ensuite l'occasion à Médéric de nous faire apprécier quelques espagnolades au cornet, avant que la mélodie entêtante de Dual Mr. Anthony Tillmon Williams Process ne résonne puissamment, dans une sorte d'envoûtement délicieux où une phrase toute simple, quasi naïve, se répète à l'infini. Même approche, dans une démarche plus dansante et rock, pour la relecture de Black Satin, tiré du délirant On the corner. De quoi permettre à Philippe Gleizes de finir de nous mettre k.o. par sa force de frappe. Le concert s'est achevé par deux rappels : Summertime, réclamé par une partie du public, et un morceau de Billy Cobham, dans la pure veine jazz-rock. Si j'avais déjà vu plusieurs fois Médéric Collignon comme sideman, c'était la première fois que j'assistais à un concert du Jus de Bocse, et la révélation fut pour moi la performance de Franck Woste au Rhodes, instrument parfois ingrat car trop souvent comparé au grand piano. Là, nul besoin de s'adonner au jeu des comparaisons, tant le plaisir que procure le jeu du claviériste allemand est évident et se passe de trop longues réflexions.